viernes, 5 de junio de 2026

La dialectique du blocus (par: Javier Mendieta Paz*)

Interpréter le phénomène du blocus – rituel de protestation d’une importance sociopolitique considérable dans notre contexte – à la lumière de la psychanalyse lacanienne exige de distinguer le fait empirique (la revendication politique ou économique) de ce qui est véritablement en jeu au niveau de l’inconscient et du lien social.

Pour Jacques Lacan, le sujet et la société sont structurés par trois registres : le Symbolique (la loi, le langage), l’Imaginaire (l’identité, le miroir, le conflit avec l’autrui) et le Réel (ce qui échappe aux mots, le traumatisme, la jouissance).

Le rituel du blocus peut être interprété comme une chorégraphie complexe entre ces trois registres.

1. Le blocus comme échec du Symbolique (Loi et Pacte).

Le Symbolique est le domaine du Grand Autre : le langage, les institutions et la loi qui régit la coexistence. Lorsque les mots perdent leur efficacité symbolique – c’est-à-dire lorsque les pactes, le dialogue ou les canaux institutionnels traditionnels sont perçus comme vains ou dysfonctionnels – l’ordre se fracture.

Le blocus apparaît là où le langage ordinaire ne sert plus de lien. Face à l’impuissance des mots à se faire entendre de l’Autre (l’État, le gouvernement, le pouvoir), le collectif perturbe la circulation. Bloquer la route, c’est paradoxalement se faire entendre en imposant le silence dans le flux de la circulation. C’est une tentative radicale de contraindre l’Autre à réagir, en inscrivant la revendication non pas sur le papier ou dans le discours, mais dans l’espace géographique.

2. La dialectique de la jouissance et l’objet « a ».

L’un des concepts les plus incisifs de Lacan est la jouissance, qui n’est pas le plaisir, mais une satisfaction paradoxale et instinctive souvent liée à l’excès ou à la souffrance. Le rituel du barrage met en mouvement une économie de la jouissance très particulière: le contrôle du flux : empêcher l’autre de passer confère une position de domination. Il y a jouissance à suspendre le temps du rival, à soumettre le citadin ou le transporteur à une attente forcée.

L’objet « a » comme cause du désir : la demande explicite du barrage (chemins, présuppositions, lois) fonctionne généralement comme un écran. Ce qui est réellement en jeu, c’est la reconnaissance. Le barrage transforme celui qui bloque en l’objet qui fait obstacle au désir de l’Autre. Le sujet devient, littéralement, ce qui est « nécessaire » ou ce qui empêche le système de fonctionner.

3. La dimension imaginaire: le « Nous » contre le « Eux »

Dans le registre imaginaire, la logique du miroir prévaut : identification et agression. Le blocus est un rituel d'identification puissant.

Autour du feu de joie, de la barricade ou du caillou dans l'asphalte, un « Nous » cohésif se consolide. Or, l'identité lacanienne se construit toujours par opposition à un ennemi. Le blocus met en scène de façon saisissante une agression imaginaire : la rue est divisée entre ceux qui maintiennent la mesure et les «autres» (les bloqués, les citoyens, les oppresseurs). C'est une logique spéculaire où la valeur de soi se maintient dans la mesure où l'on parvient à déstabiliser ou à perturber l'autre.

4. Le blocus comme mise en acte ou passage à l'acte.

Dans la pratique clinique lacanienne, lorsque la souffrance ou les revendications ne trouvent pas les mots pour s'exprimer, le sujet recourt au corps et à l'action. On peut alors distinguer deux formes dans ce rituel:

Comme mise en scène : le blocage est une performance dirigée contre le Grand Autre. C'est un « regardez ce que je dois faire pour attirer votre attention ». Il possède une dimension théâtrale, ritualisée et symbolique (les drapeaux, les slogans, les pauses). Il vise à obtenir une réponse et une rectification de l'Autre.

Comme passage à l'acte : lorsque la protestation déborde du rituel, elle rompt le lien social et bascule dans la violence pure ou la confrontation aveugle. Le sujet quitte alors l'ordre symbolique et rencontre le Réel : la contingence pure, le choc des corps et la destruction, où il n'y a plus de recherche de reconnaissance, mais une rupture totale.

En conclusion, d'un point de vue lacanien, le rituel du blocage n'est pas simplement une stratégie de pression sociale ; c'est un symptôme. Une manifestation dans le Réel d'une insatisfaction structurelle que l'ordre symbolique dominant ne peut ni nommer ni apaiser. Bloquer le passage du corps de l'autre est l'ultime frontière pour inscrire sa propre existence sur la carte du désir et du pouvoir.

*Javier Mendieta Paz, est Psychologue et Professeur Universitaire.


NF PSI412-4B


 

martes, 2 de junio de 2026

DIALÉCTICA DEL BLOQUEO.

Dialéctica del bloqueo

Por: Javier Mendieta Paz*

Interpretar el fenómeno del bloqueo —un ritual de protesta con un peso sociopolítico enorme en nuestro contexto— a la luz del psicoanálisis lacaniano nos exige separar el hecho empírico (la demanda política o económica) de lo que verdaderamente se juega en el nivel del inconsciente y del lazo social.

Para Jacques Lacan, el sujeto y la sociedad se estructuran a través de tres registros: *lo Simbólico* (la ley, el lenguaje), *lo Imaginario* (la identidad, el espejo, el conflicto con el semejante) y *lo Real* (lo que escapa a las palabras, lo traumático, el goce).

El rito del bloqueo puede leerse como una compleja coreografía entre estos tres registros.
1. El bloqueo como falla en lo Simbólico (La Ley y el Pacto).
Lo Simbólico es el campo del Gran Otro: el lenguaje, las instituciones y la ley que regula la convivencia. Cuando la palabra pierde su eficacia simbólica —es decir, cuando los pactos, el diálogo o los canales institucionales tradicionales se perciben como vacíos o rotos— el orden se fractura.
El bloqueo aparece ahí donde el lenguaje ordinario ya no hace lazo. Ante la impotencia de la palabra para ser escuchada por el Otro (el Estado, el gobierno, el poder), el colectivo interrumpe la circulación. Bloquear la carretera es, paradójicamente, *hacerse oír mediante la producción de un silencio en el tránsito*. Es un intento radical de forzar al Otro a responder, inscribiendo la demanda no en un papel o en un discurso, sino en el espacio geográfico.
2. La dialéctica del Goce y el Objeto “a”.
Uno de los conceptos más agudos de Lacan es el goce (la goce), que no es el placer, sino una satisfacción paradójica, pulsional ya menudo ligada al exceso o al sufrimiento. El rito del bloqueo pone en marcha una economía del goce muy particular:
el control del flujo: impedir que el otro pase otorga una posición de dominio. Hay un goce en suspender el tiempo del rival, en someter al habitante de la ciudad o al transportista a la espera forzada.
El objeto “a” como causa del deseo: la demanda explícita del bloqueo (caminos, presupuestos, leyes) suele funcionar como una pantalla. Lo que realmente se disputa es el reconocimiento. El bloqueo transforma al bloqueador en el objeto que obstruye el deseo del Otro. El sujeto se vuelve, literalmente, aquello que "hace falta" o estorba para que el sistema funcione.
3. La dimensión Imaginaria: El "Nosotros" frente al "Ellos"
En el registro Imaginario impera la lógica del espejo: la identificación y la agresión. El bloqueo es un rito fuertemente identificador.
Alrededor de la fogata, de la barricada o de la piedra en el asfalto, se consolida un "Nosotros" cohesivo. Sin embargo, la identidad lacaniana siempre se construye en oposición a un enemigo. El bloqueo escenifica de forma cruda la agresión imaginaria: la calle se divide entre los que sostienen la medida y los "otros" (los bloqueados, los ciudadanos, los opresores). Es una lógica especular donde el valor propio se sostiene en la medida en que se logra desestabilizar o perturbar al semejante.
4. El bloqueo como Acting Out o Pasaje al Acto.

En la clínica lacaniana, cuando el sufrimiento o la demanda no encuentran palabras para expresarse, el sujeto recurre al cuerpo ya la acción. Aquí podemos distinguir dos formas en el rito:
Como Acting Out: el bloqueo es una puesta en escena dirigida al Gran Otro. Es un "miren lo que tengo que hacer para que me presten atención". Tiene una dimensión teatral, ritualizada y simbólica (las banderas, las consignas, los horarios de cuarto intermedio). Buscan una respuesta y una rectificación del Otro.

Como Pasaje al Acto: cuando la protesta desborda el rito, rompe el lazo social y cae en la violencia pura o el enfrentamiento ciego. Aquí el sujeto se sale del tablero simbólico y se topa con lo Real: la pura contingencia, el choque de cuerpos y la destrucción, donde ya no hay búsqueda de reconocimiento, sino ruptura total.

En conclusión, desde la mirada lacaniana, el rito del bloqueo no es simplemente una estrategia de presión social; es un síntoma. Una manifestación en lo Real de una insatisfacción estructural que el orden Simbólico vigente no alcanza a nombrar ni a pacificar. Bloquear el paso del cuerpo del otro es la última frontera para inscribir la propia existencia en el mapa del deseo y del poder.

*Javier Mendieta Paz es Psicólogo.

La dialectique du blocus (par: Javier Mendieta Paz*)

Interpréter le phénomène du blocus – rituel de protestation d’une importance sociopolitique considérable dans notre contexte – à la lumière ...